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L’accueil et la migration

Journée de l'alphabétisation : quelle place dans nos centres d'accueil ?

En Belgique, environ 1 adulte sur 10 a des difficultés pour lire et écrire. (Chiffres : Lire et écrire) Certain·es demandeur·ses d’asile sont touché·es par cette difficulté parce qu’ils·elles n’ont pas toujours eu la chance d’apprendre à lire ou à écrire dans leur langue maternelle.

Que propose-t-on dans nos centres d’accueil ?

Les personnes que nous accueillons ont des parcours scolaires très différents. En général, dans chaque communauté, il y a quelques personnes qui ne savent pas écrire dans leur langue maternelle.

Pour les personnes non-francophones qui savent lire et écrire dans une autre langue, des cours de FLE (Français Langue étrangère) sont proposés. Tandis que pour les personnes qui ne savent pas lire et écrire dans une autre langue, nous proposons des cours d’alphabétisation en collaboration avec différents acteurs : Lire et écrire, Alpha 5000, Centre Alpha, Miroir Vagabond, etc. Mais aussi grâce à l’aide de volontaires Croix-Rouge. Les demandeur·ses d’asile sont alors regroupé·es par niveau avec des cours passant de l’apprentissage des sons à des mises en situation.

La difficulté d’apprendre à lire et à écrire en tant qu’adultes

Ne pas pouvoir parler français, cela peut être problématique dans certaines tâches telles que compléter un document, écrire un CV ou encore conduire mais les personnes analphabètes contournent le problème en développant d’autres compétences. En effet, les personnes ont travaillé toute leur vie avant d’arriver en Belgique et avant d’être confrontées à la maîtrise du français.

Ainsi, apprendre à lire et écrire, parfois dans un nouvel alphabet à 16, 30 ou 50 ans n’est pas donné à tout le monde. Beaucoup se découragent dans l’apprentissage de la langue : manque de détermination, obstacles, manque de lien avec les besoins de la personne.

Lorsque l’on est demandeur·se de protection internationale, cette difficulté d’apprentissage peut être accompagnée d’autres vulnérabilités. Notre situation peut changer du jour au lendemain. Il est donc difficile d’assurer le suivi de l’apprentissage.

Et puis, lorsque l’on est adulte ou parent, on a d’autres obligations comme nous l’explique Lavinia, professeure de FLE dans le centre d’accueil de Bierset : « Il y a les interviews, les rendez-vous chez l’avocat, le travail, les visites dans la famille, les enfants malades, les mauvaises nouvelles, etc. Nous devons donc nous adapter et faire de notre mieux pour les aider lorsqu’ils reviennent aux cours ».

Comme l’explique un autre collaborateur de la Croix-Rouge : « On s’alphabétise en 6 années de primaire alors qu’une personne devrait apprendre ça en quelques mois ».

Pourtant, Lavinia n’abandonne pas : « Même si ces situations ne facilitent pas toujours la tâche, nous avons la chance d’être confronté à un public demandeur et motivé, bien conscient que l’apprentissage de la langue est un facteur essentiel dans son parcours d’intégration. Nous aimons voir nos apprenants évoluer au fil du temps et revenir nous voir tout sourire en nous disant qu’ils ont trouvé du travail ou qu’ils sont acceptés à l’université ».