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L’accueil et la migration
02.09.2020 | Général

Immersion dans la vie en centre d'accueil : les étudiant·es de Saint-Luc vous racontent tout

En ce temps de crise sanitaire, soutenons le monde de la culture ! Les étudiant·es en photographie de l’école supérieure des arts de Saint Luc à Liège ont besoin de votre soutien pour réaliser une exposition unique sur la vie au centre d’accueil de demandeurs d’asile de St Elisabeth-Haus de Manderfeld.

Immersion dans la vie d’un centre d’accueil

L’année passée, les étudiant·es se sont rendu·es volontairement pendant une semaine dans le centre d’accueil de demandeurs d’asile de Manderfeld pour réaliser un projet photographique.

Avant leur départ, les étudiant·es se sont posé beaucoup de questions. Certains avaient parfois certaines appréhensions. Et pourtant, l’expérience s’est révélée être riche en émotions, leur ouvrant la porte vers d’autres cultures.

Après leur départ, ils se sont sentis impuissants face à la situation des demandeurs d’asile « il y a tellement de choses à faire ». Ils expriment d’ailleurs la nécessité de raconter leur expérience car il s’agit d’une expérience inoubliable : « qu’elle soit bonne ou mauvaise, il faut vivre cette expérience-là ».

De leur expérience, émerge le désir de la création d’une exposition photo. Pour mener à bien leur projet, ils ont besoin de vous pour financer les supports des photos.

Soutenir leur projet

Alexandre témoigne de son désir d’aider les gens

Au début, Alexandre n’avait pas spécialement d’a priori mais il se posait beaucoup de questions. En tout cas, l’immigration c’est « quelque chose qui [le] touche parce que [ses] parents sont issus de l’immigration » et [se rendre dans un centre d’accueil de demandeurs d’asile], c’est se rendre compte de la réalité. Il a d’ailleurs changé d’attitude par rapport à l’image que donnent les médias des demandeur·ses d’asile. Par exemple, leur mode de vie est différent. Selon lui, « on sent leur sentiment d’attente, qui se transmet dans leur façon de vivre parce qu’ils ne connaissent pas leur avenir ».

Le centre est un endroit intense en émotions. Il perçoit un côté chaleureux malgré tout avec parfois une forme d’entraide entre les gens.

Afin de réaliser au mieux son projet, il a préféré s’immerger et ressentir les choses avant. Au cours du séjour, il a appris qu’un des résidents du centre de Manderfeld, souhaitait faire des photos de modèle et du mannequinat. Il lui a donc proposé de le prendre en photo pour contribuer à son rêve et lutter contre ce qu’on lui a dit avant de se rendre au centre : « Vous ne changerez pas la vie des gens là-bas ». Ça lui a justement donné envie de faire changer les choses dans la mesure du possible. Depuis, ils gardent contact et sont devenus proches. Du coup, pour Alexandre, cette expérience est difficile car il doit se séparer de personnes avec qui il s’est attaché.

Axelle, enrichie par la diversité

Pour Axelle, la semaine a été difficile à cause de la nécessité de faire face à la réalité de vie des demandeurs d’asile. En effet, l’ambiance de Manderfeld est confinée et isolée, ce qui confine une grande quantité d’émotions dans un même lieu. Elle aurait préféré venir avant pour pouvoir se rendre compte une première fois de la réalité.

Pour elle, « la différence culturelle présente dans les centres nous fait grandir et nous fait s’attacher (entre nous et avec les personnes résidant dans le centre) ».

Les photos qu’elle a réalisées sont une manière de témoigner de son souvenir, d’exprimer l’authenticité de son expérience et de faire ressentir les émotions de ce que les demandeur·ses d’asile vivent et de ce que les étudiant·es ont vécu. Elle a décidé de réaliser un projet de photographie-reportage qui lui permettait de discuter tout en prenant des photos des personnes du centre face aux habitudes de la vie quotidienne. Selon elle, on retrouve une forte diversité dans leur façon de vivre car il y a différentes familles,  des hommes et des femmes seules, qui se comportent de manière différente. Un autre point qui l’a intrigué : ils envisagent la technologie comme un lien avec les autres, leur famille qu’ils ont dû laisser. Ils ont aussi un rapport différent à l’image de soi, très importante, pour montrer que l’on va bien et que l’on existe aux yeux des autres.