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L’accueil et la migration
01.02.2018 | Sensibilisation

Découvrez l'histoire de Yalda, 9 ans, qui vient d'Afghanistan

En Afghanistan, elle ne sortait de chez elle que couverte de la tête aux pieds d’une burqua bleue, gants cachant ses mains. « Il ne fallait pas qu’on voie un bout de peau et si une mèche de cheveux sortait, on nous rasait la tête. »

Elle continue : « On était un peu riche dans notre village alors Daesh venait et nous demandait de l’argent. Ils disaient à notre père que s’il ne voulait pas, ils nous prendraient moi et ma sœur Guzal. Ils sont venus plusieurs fois. Un jour, ils ont pris notre père et l’ont battu avec une barre en fer. Ils ont dit à ma mère que si elle ne voulait pas qu’il meure, il fallait qu’elle donne de l’argent. Elle leur a donné tout ce qu’on avait et ils nous ont rendu notre papa. Ils l’avaient tant frappé qu’ils lui avaient cassé le dos. C’est là qu’il a décidé qu’il fallait qu’on parte en pleine nuit avant d’être tués. »

Alors, ils décident de partir. « Dans la montagne il fallait marcher longtemps sur des grosses pierres. Mon pied s’est tourné et j’ai eu très mal. Mon frère m’a pris sur son dos. Je pleurais beaucoup, beaucoup ». Un matin elle suit un groupe qui descend la montagne sans se rendre compte qu’elle n’est plus avec sa famille. Tentant de faire demi-tour et de les retrouver elle finit par se retrouver seule, perdue. « Je me disais dans ma tête : j’ai perdu ma maman et mon papa », « je ne voyais rien, plus personne. » Là, une meute de chiens errants l’entoure et se met à aboyer. « Je criais, j’avais très peur ». Par miracle son père qui la cherchait a entendu ses cris. « Il a réussi à me rejoindre et à faire fuir les chiens avec un bâton. J’ai vraiment cru qu’ils allaient me manger ».

Ils étaient 42 réfugiés sur l’embarcation prévue à la base pour une vingtaine de personnes. Ils tentaient tous de garder l’équilibre tout en essayant tant bien que mal de trouver une place assise. Malheureusement, pendant la traversée le bateau perce. « On était au milieu de la mer. Quand il se dégonflait, tout le monde pensait « on va mourir ». Un homme a sorti le Coran et s’est mis à lire des versets très vite, les autres adultes répétaient des phrases. J’avais encore plus peur. »

Ils devront leur sauvetage à un homme avec eux sur le bateau ayant la présence d’esprit de faire des signaux de détresse en s’aidant des reflets du soleil sur l’écran de son Ipad orienté vers la côte. « Et puis un bateau est venu très vite de la terre et il nous a pris.»

Pour Yalda, l’arrivée au Centre de Natoye est un soulagement. « On est au calme ici mais ça fait maintenant 15 mois qu’on est là ». Quand je leur demande si elles aimeraient retourner dans leur pays, c’est un « non » catégorique. « C’est mieux ici. Notre vie c’est ici. »


Ils viennent d’Afghanistan, d’Irak, de Syrie ou d’Erythrée. Accompagnés de leurs parents ils ont fui la guerre et les persécutions. Propulsés sur les routes, ces enfants de l’exil ont dû faire face, malgré leur jeune âge, à de multiples dangers pour rejoindre l’Europe. Découvrez la réalité migratoire à travers les yeux des enfants dans le documentaire d’Idriss Gabel le 19 février à Liège, le 26 février à Bruxelles, le 27 février à Namur, le 29 février à Sprimont et le 12 avril à Mons. Assistez à l’une des 5 projections en présence du réalisateur et retrouvez toutes les informations sur la page Facebook du film !

La Page Officielle

 

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En Afghanistan, elle ne sortait de chez elle que couverte de la tête aux pieds d’une burqua bleue, gants cachant ses mains. « Il ne fallait pas qu’on voie un bout de peau et si une mèche de cheveux sortait, on nous rasait la tête. »

Elle continue : « On était un peu riche dans notre village alors Daesh venait et nous demandait de l’argent. Ils disaient à notre père que s’il ne voulait pas, ils nous prendraient moi et ma sœur Guzal. Ils sont venus plusieurs fois. Un jour, ils ont pris notre père et l’ont battu avec une barre en fer. Ils ont dit à ma mère que si elle ne voulait pas qu’il meure, il fallait qu’elle donne de l’argent. Elle leur a donné tout ce qu’on avait et ils nous ont rendu notre papa. Ils l’avaient tant frappé qu’ils lui avaient cassé le dos. C’est là qu’il a décidé qu’il fallait qu’on parte en pleine nuit avant d’être tués. »

Alors, ils décident de partir. « Dans la montagne il fallait marcher longtemps sur des grosses pierres. Mon pied s’est tourné et j’ai eu très mal. Mon frère m’a pris sur son dos. Je pleurais beaucoup, beaucoup ». Un matin elle suit un groupe qui descend la montagne sans se rendre compte qu’elle n’est plus avec sa famille. Tentant de faire demi-tour et de les retrouver elle finit par se retrouver seule, perdue. « Je me disais dans ma tête : j’ai perdu ma maman et mon papa », « je ne voyais rien, plus personne. » Là, une meute de chiens errants l’entoure et se met à aboyer. « Je criais, j’avais très peur ». Par miracle son père qui la cherchait a entendu ses cris. « Il a réussi à me rejoindre et à faire fuir les chiens avec un bâton. J’ai vraiment cru qu’ils allaient me manger ».

Ils étaient 42 réfugiés sur l’embarcation prévue à la base pour une vingtaine de personnes. Ils tentaient tous de garder l’équilibre tout en essayant tant bien que mal de trouver une place assise. Malheureusement, pendant la traversée le bateau perce. « On était au milieu de la mer. Quand il se dégonflait, tout le monde pensait « on va mourir ». Un homme a sorti le Coran et s’est mis à lire des versets très vite, les autres adultes répétaient des phrases. J’avais encore plus peur. »

Ils devront leur sauvetage à un homme avec eux sur le bateau ayant la présence d’esprit de faire des signaux de détresse en s’aidant des reflets du soleil sur l’écran de son Ipad orienté vers la côte. « Et puis un bateau est venu très vite de la terre et il nous a pris.»

Pour Yalda, l’arrivée au Centre de Natoye est un soulagement. « On est au calme ici mais ça fait maintenant 15 mois qu’on est là ». Quand je leur demande si elles aimeraient retourner dans leur pays, c’est un « non » catégorique. « C’est mieux ici. Notre vie c’est ici. »


Ils viennent d’Afghanistan, d’Irak, de Syrie ou d’Erythrée. Accompagnés de leurs parents ils ont fui la guerre et les persécutions. Propulsés sur les routes, ces enfants de l’exil ont dû faire face, malgré leur jeune âge, à de multiples dangers pour rejoindre l’Europe. Découvrez la réalité migratoire à travers les yeux des enfants dans le documentaire d’Idriss Gabel le 19 février à Liège, le 26 février à Bruxelles, le 27 février à Namur, le 29 février à Sprimont et le 12 avril à Mons. Assistez à l’une des 5 projections en présence du réalisateur et retrouvez toutes les informations sur la page Facebook du film !

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