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L’accueil et la migration
26.11.2015 | Général

Réfugiés: accueil et assistance humanitaire depuis quatre mois

Réfugiés: accueil et assistance humanitaire depuis quatre mois

Réfugiés: accueil et assistance humanitaire depuis quatre mois

“Je les vois pendant juste quelques minutes, les examine, les soigne, et ils partent. Mais je me souviendrai de chacun d’entre eux toute ma vie. Leurs histoires, leurs sourires, leurs souvenirs…” témoignait en octobre Maria Louvrou, infirmière de la Croix-Rouge Hellénique.

La hausse d’arrivée de réfugiés en Europe a commencé il y a plusieurs mois déjà, partout sur leur trajet migratoire les bénévoles de la Croix-Rouge apportent des soins et une aide élémentaire aux familles, aux femmes et aux enfants, qui ont dû prendre la route pour fuir leur pays, en proie à des guerres ou des conflits terribles. En Belgique, nos infrastructures d’accueil ont augmenté leurs places disponibles, et du pré-accueil a été organisé. Retour sur une crise de l’accueil en Belgique, et en Europe.

Un accueil digne pour les réfugiés en Belgique

En 2015, il ne s’est pratiquement pas passé un jour sans un cruel rappel des terribles dangers auxquels sont exposés les migrants, en particulier lorsqu’ils sont obligés de traverser la Méditerranée. (…) aujourd’hui nous faisons face à une situation humanitaire sans précèdent écrivait la conseillère en migration et asile de la Croix-Rouge de Belgique Sarah Klingeberg, dans sa carte blanche publiée en septembre dernier.

En Belgique, nous avons vu des hommes, des femmes et des enfants, dormir dehors, attendant leur convocation à l’Office des Etrangers. Dès les premiers instants nous avons agi auprès d’eux, tout d’abord en rue en leur apportant des couvertures, de la soupe et des soins lors de nos tournées renforcées à destination des sans-abris. Puis en déployant de nouvelles infrastructures d’accueil.

Rappelons que depuis 1989, l’Etat fédéral a mandaté la Croix-Rouge pour participer à l’accueil des demandeurs d’asile. Notre action s’inscrit dans le respect de nos principes d’humanité, d’indépendance et de neutralité. En juillet, avec l’augmentation significative des arrivées de réfugiés, le réseau de la Croix-Rouge a commencé par remettre en activité ses places « tampons » dans plusieurs de ses centres. Face au constat d’un afflux important et continu, et à l’enjeu humanitaire, c’est tout le réseau Croix-Rouge qui s’est mobilisé et a participé à la mise en place de nouvelles infrastructures.

Une logistique intense pour la Croix-Rouge

Ainsi, le site du WTC3, 24 boulevard Albert II, est ouvert depuis le 7 septembre, et une seconde aile du bâtiment gérée par la Rode Kruis a été aménagé. Cette infrastructure, dite de « pré-accueil » qui peut loger jusque 1 000 personnes, est équipée de douches, d’armoires, d’un réfectoire, et apporte des soins médicaux. Nos bénévoles apportent également une écoute et un accompagnement nécessaire auprès de toutes ces personnes qui ont vécu des choses terribles et qui ont tout perdu. Un espace pour enfants est aménagé, chaque résident est libre d’aller et venir et peut résider au WTC3 jusqu’au moment de sa convocation à l’Office des étrangers et son transfert vers un centre d’accueil.

« Quand on prend la mer, on sait qu’on a une petite chance. Peut-être qu’on va mourir. Mais peut-être aussi qu’on va vivre. » raconte Ahmed. Après avoir transité pendant 13 jours entassés dans une camionnette avec ses enfants, il est arrivé en Belgique en septembre, et réside maintenant dans l’un de nos centres d’accueil. Avec l’ouverture de nouveaux centres quasiment chaque mois depuis août, la capacité totale fin décembre sera de 9 410 places, soit une augmentation de près de 6 000 places en quatre mois.

La Croix-Rouge auprès des réfugiés partout en Europe

La crise migratoire que traverse la Belgique est présente au-delà de nos frontières, et c’est une véritable crise humanitaire qui touche actuellement l’Europe. Des milliers de familles sont sur les routes pour se réfugier dans un endroit sûr. Nombreux sont les témoignages de peur et de scènes de guerre qui nous parviennent comme celui de Demiana, qui a transité par le Liban, la Turquie et finalement la Grèce avant d’arriver en Belgique « Nous avions peur. Dans le quartier d’Alep, où nous habitions, et où mon mari et mon fils sont peut-être encore, l’armée officielle contrôle les lieux. Il y a souvent des incursions des terroristes de Daesh. Mais l’un ou l’autre camp, ils commettent tous les mêmes atrocités. »

Nous agissons au niveau international depuis de nombreux mois et dans 28 pays différents pour apporter une aide concrète aux migrants. Au total, plus de 49.000 bénévoles sont actifs, dont 15.000 rien qu’en Allemagne. Ils distribuent des produits d’hygiène, apportent les premiers soins, fournissent de la nourriture et de l’eau, des bâches, des couvertures.

Un soutien psychologique est aussi apporté, et de l’entraide solidaire se créée comme en témoigne Roman, jeune afghan de 20 ans hébergé en Grèce qui a proposé son aide à la Croix-Rouge et traduit maintenant du Farsi vers l’Anglais. “Cela fait du bien de se sentir utile. Lorsque j’aide d’autres personnes, je me sens revivre.”

 

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