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L’accueil et la migration
16.09.2015 | Général

Grèce : "Aucun père ne devrait avoir à endurer ce que j'ai enduré"

Grèce :

Grèce : « Aucun père ne devrait avoir à endurer ce que j’ai enduré »

Un père syrien raconte l’angoisse dans laquelle il a vécu après avoir perdu la trace de son fils de cinq ans en Méditerranée.

Le jour où les bombes ont commencé à s’abattre sur sa ville, M. Hussein a décidé qu’il devait faire sortir sa famille de Syrie. Il ne savait pas précisément où il allait emmener les siens, mais fuir vers l’Europe s’est rapidement imposé comme l’unique option. Les premiers à quitter le pays ont été son fils de cinq ans, Mohammad, et l’oncle de l’enfant.*  La première étape du voyage les a conduits sans encombre à Izmir, en Turquie, d’où ils devaient entreprendre la traversée vers l’Europe. Un matin, aux premières heures, Mohammad, son oncle et au moins une cinquantaine d’autres personnes se sont entassés sur une petite embarcation. À mi-chemin entre la côte turque et une des îles de la mer Égée, leur bateau a été intercepté par les garde-côtes grecs. Ceux-ci ont immédiatement pris en charge Mohammad, avec les autres enfants et les femmes, tandis que les hommes allaient devoir attendre qu’ils reviennent les chercher. Entre-temps, un navire qui croisait à proximité les a recueillis. C’est ainsi que le petit Mohammad s’est retrouvé séparé de son oncle.

M. Hussein nous raconte son calvaire: « Au petit matin, le téléphone a sonné. C’était mon frère. Il venait d’être reconduit en Turquie. Il criait :  » J’ai perdu Mohammad, j’ai perdu Mohammad !  » Me sont alors revenues les dernières paroles que j’avais dites à mon garçon :  » Avec l’aide de Dieu, tu vivras dans un endroit meilleur. Ici, en Syrie, il n’y a pas d’avenir pour toi.  » J’ai alors eu l’impression de l’avoir trahi. J’étais complètement perdu ; je ne savais pas quoi faire ni à qui m’adresser pour demander de l’aide. Il arrive qu’une expérience douloureuse fasse prendre un cours particulier à votre vie ; et ce n’est que lorsqu’on accepte l’idée que c’est bien arrivé que l’on peut commencer à agir. Il fallait que je fasse quelque chose. Je suis tombé sur le site Web du service de Rétablissement des Liens Familiaux de la Croix-Rouge et je me suis aussi rendu au bureau de l’institution à Damas. Là-bas, on m’a beaucoup aidé. J’étais désemparé, tout le monde m’a traité avec beaucoup de bienveillance et m’a donné le courage nécessaire pour aller de l’avant. »

« Dans les 24 heures qui ont suivi ma visite, le bureau de la Croix-Rouge à Athènes avait retrouvé la trace de Mohammad dans un poste de police d’une île de la mer Égée. Ils avaient déjà réussi à rentrer en contact avec eux et m’avaient transmis le numéro de téléphone. Quand j’ai entendu la voix de Mohammad à l’autre bout du fil qui disait  » papa, papa « , je n’ai pas pu retenir mes larmes. Cela nous a pris du temps pour nous rendre en Grèce, mais je n’oublierai jamais le moment où nous nous sommes tous retrouvés à nouveau réunis. » « Aucun père ne devrait avoir à endurer ce que j’ai enduré. Un jour, j’espère rentrer dans mon pays, travailler comme volontaire pour la Croix-Rouge et pouvoir aider ceux qui en ont besoin, de la même manière que la Croix-Rouge m’a aidé. »

*Les noms ont été modifiés pour protéger l’intimité de la famille.

Une terrible crise humanitaire touche actuellement l’Europe. Des milliers de familles sont sur les routes pour fuir les guerres, les persécutions, et se réfugier dans un endroit sûr.

La Croix-Rouge vient en aide aux migrants tout au long de leur parcours, à plusieurs niveaux:

  • En leur apportant des soins de première nécessité, des soins de santé
  • En distribuant des colis alimentaires
  • En apportant un soutien psychologique
  • En accompagnement pour retrouver leurs proches disparus ou encore rétablir les liens familiaux
Grèce : "Aucun père ne devrait avoir à endurer ce que j'ai enduré" - L’accueil et la migration

Grèce : « Aucun père ne devrait avoir à endurer ce que j’ai enduré »

Un père syrien raconte l’angoisse dans laquelle il a vécu après avoir perdu la trace de son fils de cinq ans en Méditerranée.

Le jour où les bombes ont commencé à s’abattre sur sa ville, M. Hussein a décidé qu’il devait faire sortir sa famille de Syrie. Il ne savait pas précisément où il allait emmener les siens, mais fuir vers l’Europe s’est rapidement imposé comme l’unique option. Les premiers à quitter le pays ont été son fils de cinq ans, Mohammad, et l’oncle de l’enfant.*  La première étape du voyage les a conduits sans encombre à Izmir, en Turquie, d’où ils devaient entreprendre la traversée vers l’Europe. Un matin, aux premières heures, Mohammad, son oncle et au moins une cinquantaine d’autres personnes se sont entassés sur une petite embarcation. À mi-chemin entre la côte turque et une des îles de la mer Égée, leur bateau a été intercepté par les garde-côtes grecs. Ceux-ci ont immédiatement pris en charge Mohammad, avec les autres enfants et les femmes, tandis que les hommes allaient devoir attendre qu’ils reviennent les chercher. Entre-temps, un navire qui croisait à proximité les a recueillis. C’est ainsi que le petit Mohammad s’est retrouvé séparé de son oncle.

M. Hussein nous raconte son calvaire: « Au petit matin, le téléphone a sonné. C’était mon frère. Il venait d’être reconduit en Turquie. Il criait :  » J’ai perdu Mohammad, j’ai perdu Mohammad !  » Me sont alors revenues les dernières paroles que j’avais dites à mon garçon :  » Avec l’aide de Dieu, tu vivras dans un endroit meilleur. Ici, en Syrie, il n’y a pas d’avenir pour toi.  » J’ai alors eu l’impression de l’avoir trahi. J’étais complètement perdu ; je ne savais pas quoi faire ni à qui m’adresser pour demander de l’aide. Il arrive qu’une expérience douloureuse fasse prendre un cours particulier à votre vie ; et ce n’est que lorsqu’on accepte l’idée que c’est bien arrivé que l’on peut commencer à agir. Il fallait que je fasse quelque chose. Je suis tombé sur le site Web du service de Rétablissement des Liens Familiaux de la Croix-Rouge et je me suis aussi rendu au bureau de l’institution à Damas. Là-bas, on m’a beaucoup aidé. J’étais désemparé, tout le monde m’a traité avec beaucoup de bienveillance et m’a donné le courage nécessaire pour aller de l’avant. »

« Dans les 24 heures qui ont suivi ma visite, le bureau de la Croix-Rouge à Athènes avait retrouvé la trace de Mohammad dans un poste de police d’une île de la mer Égée. Ils avaient déjà réussi à rentrer en contact avec eux et m’avaient transmis le numéro de téléphone. Quand j’ai entendu la voix de Mohammad à l’autre bout du fil qui disait  » papa, papa « , je n’ai pas pu retenir mes larmes. Cela nous a pris du temps pour nous rendre en Grèce, mais je n’oublierai jamais le moment où nous nous sommes tous retrouvés à nouveau réunis. » « Aucun père ne devrait avoir à endurer ce que j’ai enduré. Un jour, j’espère rentrer dans mon pays, travailler comme volontaire pour la Croix-Rouge et pouvoir aider ceux qui en ont besoin, de la même manière que la Croix-Rouge m’a aidé. »

*Les noms ont été modifiés pour protéger l’intimité de la famille.

Une terrible crise humanitaire touche actuellement l’Europe. Des milliers de familles sont sur les routes pour fuir les guerres, les persécutions, et se réfugier dans un endroit sûr.

La Croix-Rouge vient en aide aux migrants tout au long de leur parcours, à plusieurs niveaux: